Joachim Romain


Je suis né au Havre, ville emblématique du courant impressionniste mais aussi de la première Maison de culture et de la jeunesse. Chez moi, l’art, notamment la peinture classique ou contemporaine a eu une présence importante et les murs blancs/vides n’existaient pas.

 Et puis vers 18 ans en arrivant à Paris, je découvre d’autres univers artistiques comme le graffiti. Parallèlement, vers 15 ans, mon père m’offre mon premier appareil photo. En tant qu’havrais, le port, la rouille et l’usure faisaient partie de mon environnement et m’attiraient. Quelques années plus tard, mes premières séries sur l’usure et la typographie urbaine (Urban Typo) seront largement inspirées de cet environnement.

Enfin, l’univers de la pub pour lequel j’ai travaillé, m’a donné les bases de la typographie et des maquettes. Mes passages en imprimerie ont, j’imagine, développé mon penchant pour le papier et l’envers de la publicité... C’est à partir d’affiches publicitaires que je conçois des portraits via lesquels je questionne le cycle de vie de l’affiche.

Ainsi, mon travail à l’Origine est une série de photographies dont mon traitement (déchirement, découpe, rajout, brûlures) les transforment en oeuvres uniques qui prennent parfois la forme de sculptures. Le portrait sujet emblématique de l’exercice photographique et mon attirance pour les clichés de la rue fusionnent et il en ressort des portraits d’homme, des icônes artistiques, politiques et publicitaires. Le temps et la rue ont eu raison de leur plastique, il ne reste d’eux que des hommes lacérés.

J’utilise aussi le dos bleu de l’affiche, un regard inversé sur la publicité. Je compose avec des installations uniquement de découpe de ce papier (cabane d’archi, objets du quotidien,..). Mes derniers travaux in situ me permettent de remettre mes sujets issus de la rue dans leur « milieu naturel ». Ainsi, j’arrache à la rue des bouts de portraits d’affiches pour mieux le lui rendre lors de fresques murales. Mais après mon intervention en atelier, les portraits sont agrandis, magnifiés, détournés et reviennent dans la rue de nouveaux combatifs et imposants.