J.M Robert : Collection "hors du temps"


Il fallait s'y attendre.
 Un artiste sait susciter l'attente.

Après la rencontre avec les murs délabrés du pays de la spiritualité lors de son exposition " India ", titre évocateur, JM ROBERT allait, un jour ou l'autre, tourner notre regard vers ceux qui nous sont plus proches, les églises romanes et leurs fresques.

 Confrontation entre l'art urbain actuel, disons profane, et celui d'une époque où les peintres mettaient leur talent au service du religieux omniprésent et des religions chrétiennes qui leur procuraient les moyens d'en vivre. Confrontation à ce qu'il en reste et qui a traversé les épreuves du temps au point de se situer désormais " hors du temps ".

Et la question se fait immédiatement jour: que restera-t 'il de la peinture contemporaine dans huit, dix siècles? Les murs délabrés racontent toujours quelque chose d'une époque, de ce qui l'a mise en péril, en son for intérieur, comme de ce qui a résisté, ils racontent son irrépressible délabrement et sa permante renaissance.

 Que restera-t 'il de notre époque? JM ROBERT relève le défi, non dans le but d' apporter une réponse mais pour nous placer face à la question et nous ramener au temps, aux temps passés, présents et à venir. Sans doute, par cette confrontation à l'art roman, aussi une manière pour lui de se poser la question propre à chaque artiste: comment l'art en général et l'art urbain actuel en particulier, porteront-ils, par delà les siècles, témoignage de cette époque qui est la nôtre?

 Personne ne détient la réponse, surtout pas les artistes. Ils savent bien qu'ils doivent se contenter de créer et tenter de se hisser à hauteur de leur temps, pour le plaisir de nos yeux et de nos esprits. Car ils savent aussi qu'à l'échelle de l'humanité, ce qui, de toute création, fait " art ", c'est précisément ce qui résite au temps et réussit à franchir ce passage définitivement secret, par delà les siècles, " hors du temps ".   Moma 2017